mdicaments2Addiction est un terme anglais qui a pour synonyme français dépendance, assuétude, accoutumance à un produit ou un comportement. Il désigne toute conduite provoquant la dépendance physique et/ou psychologique; le besoin est tel qu'il y a une grande sensation de manque.

Selon Goodman (psychiatre anglais) : « l’addiction est un processus dans lequel est réalisé un comportement qui peut avoir pour fonction de procurer du plaisir et de soulager un malaise intérieur, et qui se caractérise par l’échec répété de son contrôle et sa persistance en dépit des conséquences négatives. »

Cette définition met l'accent sur le fait que l'addiction est un processus et qu'il y a un cheminement progressif vers la dépendance, tout comme il y aura un cheminement progressif vers la liberté de s'abstenir et de trouver du bien-être autrement!

 

psychothérapie et compulsionsDans son ouvrage « La Génèse des addictions – Essai psychanalytique sur le tabac, l’alcool et les drogues -Editions PUF 2007», Odile Lesourne (Docteur en psychanalyse, psychothérapeute) définit ainsi l'addiction: l’addiction est l’usage d’un produit ou pratique d’un comportement qui tend à envahir l’existence d’un individu et qui le conduit à s’y engouffrer comme dans un tourbillon au point d’y sacrifier le reste de sa vie – relations affectives, travail, santé.

J'insiste sur ce fait qu'il s'agit d'un comportement et qu'il me parait "enfermant" de nommer les personnes souffrant de tels troubles du nom même de la pathologie: les anorexiques, les toxicomanes, les alcooliques...

L'élan initial n'est pas mortifère, bien au contraire, la personne cherche un soulagement à son mal-être....malheureusement, le remède se révèle inapproprié mais l'accoutumance est parfois bien installée quand la personne envisage de changer ce comportement. De fait, même avec la meilleure volonté du monde, elle ne pourra pas s'en sortir seule! Elle est prise au piège de sa pulsion de vie initiale!

psychothérapie et alcoolismeIl faut alors ACCEPTER son état et le fait que si l'on a pas forcément été accompagné pour y entrer, cela sera nécessaire pour en sortir. Il convient ensuite de se faire ACCOMPAGNER par une aide formée à cet effet et d'ACCEDER à terme à sa liberté d'exister sans l'addiction.

L'accompagnant sera là pour renouer l'attachement à la vie, aux relations humaines dont le malade s'est détaché au profit d'un attachement qui lui a sans doute paru moins difficile à vivre au départ...Il ne s'agit pas de supprimer le comportement mais de nourrir le besoin qu'il satisfait autrement, de façon plus saine pour la santé et moins envahissante au quotidien. Le comportement disparait alors au profit d'autres, plus justes, pour répondre à la pulsion de vie. Vouloir le supprimer sans en entendre l'intention inconsciente, c'est risquer de susciter des pathologies encore plus lourdes et c'est refuser une part du malade qui a tellement besoin d'être accueillie...