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La prévention des addictions, ce n'est certainement pas s'isoler en haut d'une tour pour éviter la tentation! Plus nous interdisons et plus nous évitons, moins nous exerçons notre capacité à vivre et à expérimenter! C'est en faisant l'expérience ou en échangeant nos expériences que nous pouvons mesurer le décalage entre certains actes et le résultat obtenu. Le propre des addictions est bien celui-là : nous promettre le mieux-être, nous donner l'illusion que tout ira mieux et nous emporter à l'opposé de ce que nous recherchions.

A l'arrivée, il n' a pas cette vie heureuse, ce sentiment de confiance en soi et cette maîtrise que nous envions à d'autres! Il y a ce que nous cherchions à fuir : le mal-être (trop de stress, trop d'angoisses, trop de tristesse...), le doute, la peur de ne pas être à la hauteur, la culpabilité, l'esclavage au produit ou au comportement!

Prévenir les addictions, c'est en parler! Ce n'est pas parce qu'on en parlera que cela suscitera l'envie chez les plus jeunes d'essayer! Il est important d'informer des effets méconnus et de préciser que les effets "vantés", s'ils existent, sont de courte durée et que rapidement, c'est l'addiction qui dirige votre vie et non pas l'inverse!

Les jeunes gens qui testeront les substances ou les conduites addictives ne deviendront pas pour cela dépendants! Ce sera juste un essai. Devenir dépendant se fait progressivement et, en ouvrant largement le dialogue sur ces sujets, il y a plus de chance de déceler un jeune en phase de "pré-addiction".

Le principal facteur de dépendance vient de la structure même de la personne qui manque profondément d'estime d'elle-même et de confiance en elle...Devenir adulte est une étape de vie "charnière" et avoir confiance en soi, à l'adolescence, est d'autant plus délicat! Le manque de confiance en soi pour se réveler plus tard, à l'occasion d'un évênement douloureux (une rupture amoureuse, professionnelle...) et le glissement vers la dépendance va se faire progressivement... Quelques verres pour oublier... des heures de travail en plus... pour oublier, des achats à toute heure pour... oublier qu'on est seul et ne pas sentir la tristesse et la colère au fond de nous. On se sent seul et vide quand on n'est pas assez nourri de soi, pas assez riche d'estime de soi. L'addiction "ajoute", "comble les vides" et anesthésie temporairement les émotions trop douloureuses à entendre... Elle arrive comme un nouvel élan de vie mais sans prévenir du prix à payer!

Prévenir les addictions, c'est donner de l'amour en adéquation avec les besoins de celui qui reçoit, un amour qui l'aide à grandir, qui lui dit: "Je t'aime pour qui tu es et je t'accompagne avec une vraie foi dans tes ressources. J'ai confiance en toi".

C'est prendre l'enfant par la main quand il le demande, pour qu'il ait la force d'aller plus loin, et le féliciter lorsqu'il lâche votre main! C'est lui offrir un sourire encourageant quand il vous dit..."je peux le faire seul maintenant..."

C'est prendre votre ami dans les bras pour accueillir sa peine et l'inviter à pleurer et repartir chez vous en lui serrant la main pour lui signifier "je suis là, j'ai confiance en toi et je suis heureux d'être ton ami, juste parce que tu es toi!".

Prévenir les addictions, c'est accueillir les émotions et inviter votre ami à pleurer sur votre épaule plutôt qu' à boire un verre!

Enfin, la prévention n'a pas de lieu et de moment privilégiés: c'est à la maison, au collège, au lycée, en entreprise, en association... au moment où la communication et le lien sont là!