Dans tout type de pathologie, l'entourage du malade a besoin d'être écouté dans sa souffrance (son impuissance, sa lassitude, son besoin de réconfort, etc...) et le cas des addictions et des TCA ne fait pas exception!

Au contraire, ces pathologies déstabilisent bien plus l'entourage qu'une maladie organique et demandent souvent un soin au long court... L'entourage a besoin de soutien pour se ressourcer et rester bienveillant avec le malade. Il a également besoin d'explications pour mieux appréhender les comportements auto-destructeurs du malade dont il ne comprend pas le sens et la motivation.

Le malade autant que son entourage doivent faire face ensemble aussi longtemps que nécessaire, et cela mérite un soutien de part et d'autre.

Dans ces pathologies, il me parait important que le patient ait son propre lieu thérapeutique et, que périodiquement, des séances systémiques soient organisées avec l'entourage pour renouer le lien et repositionner chaque membre de la famille. Le thérapeute informe l'entourage autant que nécessaire de l'avancée du patient, avec l'accord de ce dernier et en sa présence, et se positionne en médiateur lorsque le patient est en difficulté pour évoluer dans son milieu familial.

L'entourage peut entreprendre de son côté un travail personnel avec un autre thérapeute pour pouvoir décharger lui aussi ses angoisses, ses préoccupations et ses émotions. Le mal-être de l'entourage, aussi naturel soit-il, n'aide pas le malade et complique souvent sa propre guérison en l'entâchant de culpabilité supplémentaire (de faire souffrir l'autre, d'être un poids pour les siens etc...).

En parallèle à cela, il existe des groupes d'expression pour les malades et leurs proches (associations diverses) qui peuvent aussi apporter un soutien... On y est écouté et on se sent moins isolé. Ces échanges ne dispensent pas d'un travail plus profond sur soi mais apportent néanmoins des ressources, ne serait qu'un petit moment pour souffler, comme une paranthèse dans le quotidien de ses maladies qui prennent une place énorme dans la vie familiale ou conjugale!

La séparation temporaire du malade et de son milieu familial peut être nécessaire pour permettre au malade de faire le point et d'engager un vrai travail de réparation. Dans le cas des TCA et de la toxicomanie, une séparation en milieu hospitalier est parfois même inévitable tant l'état de santé de la personne est dégradé. Chacun peut alors profiter de cette "interruption de schéma passagère" pour se ressourcer et mieux repartir ensuite... A ce moment là, il est important de se rappeler que la culpabilité (d'être soulagé par la séparation ou de ne pas avoir pu l'empêcher) est inutile... vous avez agi du mieux possible et c'est l'occasion de reprendre des forces pour la suite! La reprise du lien peut être une occasion privilégiée pour se faire accompagner par un professionnel: il aide alors à réinstaurer la communication et la struture familiale en respectant les besoins de chacun. Le thérapeute aide à consolider le nouvel équilibre du malade en voie de guérison et à favoriser la création d'un nouvel équilibre familial .

Il me parait essentiel de rappeler ici, in fine, qu'après une hospitalisation et un premier pas vers la guérison, l'ex-malade en devenir doit consolider le travail engagé en milieu hospitalier et se faire accompagner encore quelques mois pour pouvoir réellement conforter son état. Les rechutes sont fréquentes dans les pathologies addictives, notamment par manque de consolidation de la "réparation"... Un travail de fond sur l'amour de soi, la confiance en soi et la stabilité émotionnelle viendra garantir un bien-être durable.

 

Angélique GIMENEZ, psychopraticien titulaire du CEP,  enseignante en PNLEE, psychotraumatologie et TCA et superviseur.

                                                                             Courant humaniste, PNLEE, hypnose éricksonienne, EMDR, ACT...